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“ La solidarité confraternelle à l’épreuve d’une lourde décision. ”

Mis à jour : mardi 10 mars 2015 Publication : jeudi 10 juillet 2014 Écrit par J.L. Clouet

(LOM-142)

Entre acharnement thérapeutique, obstination déraisonnable et une pratique habituelle, le médecin doit tracer un chemin de moins en moins facile. Je pense bien sûr à notre confrère et à l’équipe soignante qui prennent en charge M. Vincent Lambert. Il n’est pas inutile de revenir sur ce cas douloureux qui voit une famille se déchirer, afin de pouvoir éviter cela une fois prochaine ?

Depuis quelques années, l’équipe soignante avait la charge de cet infirmier victime d’un accident de la voie publique qui présentait un coma profond et une tétraplégie. Le temps et les années s’écoulant, il est devenu légitime de se poser la question de la poursuite des soins pour une personne dont chacun voyait bien que son état ne progressait plus et ne s’améliorait pas. La famille très présente se divisa alors entre ceux qui souhaitaient mettre un terme aux traitements actifs et laisser finir l’accomplissement de la vie (son épouse) et ceux qui demandaient que l’on poursuive les soins notamment d’alimentation et de nursing (sa mère).

Devant les positions inconciliables et diamétralement opposées, après des entretiens longs des douze personnes de la famille, le seul moyen fut de se retourner vers la justice administrative pour connaître sa position. La justice saisie ne connaît pas la médecine et en toute sagesse a renvoyé vers le corps médical le soin de donner son expertise. Le Conseil d’État a choisi de demander à l’académie de médecine, au comité national consultatif d’éthi– que, au Conseil national de l’Ordre, à M. Leonetti qu’ils veuillent bien lui fournir leur avis sur cette affaire. Dans le même temps, trois professionnels spécialistes nationaux de neurosciences ont 2 mois pour expertiser M. Lambert et dire si son cas est irréversible et si il a accès à une quelconque compréhension. En effet, M. Lambert avait exprimé à ses proches qu’il ne souhaitait pas qu’on s’obstine sur son état dans l’hypothèse où il aurait été victime d’une grave maladie. Rappelons qu’il était infirmier et jeune et qu’à ces instants de la vie, ce n’est pas une préoccupation princeps !

Malheureusement pour lui et son entourage, il n’a laissé aucune trace écrite. De plus, même en cas d’écrits le juge considère que ceux-ci doivent être récents, motivés, authentifiés car il estime que la personne aurait peut être souhaité changer d’avis si le patient signataire avait été confronté à cette nouvelle situation et qu’une information lui aurait échappé.

Au delà donc de cette très triste affaire pour laquelle nos confrères Reimois ont été d’une éthique parfaite en prenant le temps d’écoute et d’empathie familiale au delà de tout ce que beaucoup auraient pu faire, cela pose la question de la préparation des familles à ce type de situation. Nous nous devons d’informer les patients de la possibilité qu’ils ont aujourd’hui d’écrire et de déposer leurs directives anticipées . Les modalités de rédaction de ces directives ainsi que leur archivage, leur conservation, leur durée sont précisées dans un document que nous publions ci-après dans cette revue. Nous les déposerons sur notre site à la rubrique " Guides Pratiques ".

Tout ne peut se prévoir et rien ne se passe comme il était prévu ! Une fois que les experts auront examiné M. Lambert, que les sages des différentes commissions auront rendu leur verdict et fait des propositions sur la fin de vie, qu’ils auront éclairé les juges sur l’obstination déraisonnable (l’acharnement thérapeutique), les juges rediront ce qu’ils pensent du conflit familial qui est apparu entre une mère et une épouse sur la meilleure façon d’envisager les volontés de M. Lambert. Mais voilà, quand tout le monde aura été écouté, que les personnes auront parlé, quoiqu’il advienne le médecin restera seul face à un patient, seul avec lui même, seul avec sa conscience. Obligatoirement, désepérément, une partie de la famille sera inconsolable et meurtrie.

La décision ultime du médecin sera alors forcément incontestable, elle sera la bonne mais c’est lui qui devra la porter et l’assumer. Ce jour là, ce confrère aura besoin de tout notre soutien et nous devrons, nous aussi, devenir des témoins pour prolonger les explications de sa démarche en témoignant d’une solidarité confraternelle sans faille.

Ce sera l’honneur de toute la profession.


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